THÈSE Pour le diplôme d'Etat de DOCTORAT EN MEDECINE Psychiatrie en Tunsie
ÉTUDE DES THÈSES DE PSYCHIATRIE EN TUNISIE

Résultats

I. Étude descriptive :

1) Inventaire des thèses de psychiatrie (titres, résumés, auteurs, Facultés et années de soutenance) :

(a) Psychiatrie et Histoire :

À propos du Traité de la Mélancolie d'Issac Ibn Omrane. [Hamouda Ben Mabrouk Chamceddine, Tunis 1979]

Histoire de la psychiatrie Tunisienne de 1881 à 1956. [Majoul Héla ép Ben Abdallah, Tunis 2005]
L'objectif de ce travail est de retracer l'histoire de la psychiatrie tunisienne. À cet effet, nous avons consulté de multiples sources, dont les Archives Nationales de Tunisie, les Archives de l'Hôpital Razi, et la Bibliothèque Henry Ey du Centre Hospitalier Sainte-Anne à Paris.

L'histoire de la psychiatrie tunisienne s'est nourrie des croyances des premières civilisations avant de connaître un essor sous l'influence arabo musulmane. Ce passé glorieux avec Ibn Omrane, Ibn Jazzer et les Skolly laisse place à partir du XVème siècle au déclin. Des établissements comme le Morstane el Azzafine et la Tekia tentent d'offrir une sorte d'assistance aux aliénés. La construction de l'Hôpital Sadiki au XIXe siècle résout momentanément et imparfaitement le problème.

La psychiatrie moderne naîtra avec le Protectorat Français et les efforts de plusieurs médecins se concrétisent d'abord en 1911 avec le pavillon des Nerveux de l'Hôpital Civil Français puis en 1931 avec l'Hôpital pour les Maladies Mentales de la Manouba. Dans cet établissement des médecins français comme le Dr Maréschal et tunisiens comme le Dr Salem Eschadely puis le Dr Taher Ben Soltane vont prendre en charge les malades mentaux tunisiens et leur prodiguer de vrais soins médicaux. Rapidement l'hôpital connaît des difficultés dans son fonctionnement et des conflits naissent entre médecins. Une nouvelle branche de la psychiatrie, l'Ethnopsychiatrie, avec des médecins comme le Dr Antoine Porot, va propager des idées dénigrantes et racistes à propos des Nord Africains.

Ce n'est que dans les années cinquante avec la lutte pour l'indépendance que ces dogmes racistes vont s'écrouler. L'arrivée de jeunes médecins tunisiens, comme le Dr Sleim Ammar puis le passage marquant du Dr Frantz Fanon vont sonner le glas de l'époque coloniale. Une page est tournée et la tunisification de l'Hôpital de la Manouba, désormais Hôpital Razi, annoncent le début d'une nouvelle époque où tout était à refaire.

Mots clés : Histoire, Psychiatrie, Tunisie, Psychiatres.

De l'hôpital pour les maladies mentales de la Manouba à l'hôpital Razi. Contribution à l'histoire d'une institution psychiatrique. [Mhirsi Zied, Tunis 2005]
L'Hôpital Razi, unique institution psychiatrique en Tunisie, reste aujourd'hui le symbole de l'assistance aux malades mentaux. Son histoire, méconnue, recèle des événements et des évolutions qui expliquent en grande partie son présent.

Le but de ce travail est de reconstruire, l’évolution et les changements qu'a connus cet hôpital psychiatrique depuis sa création jusqu'à nos jours. Quasi inexistante avant le protectorat, l'assistance psychiatrique moderne aux malades mentaux a vu le jour en 1912 avec l'ouverture du pavillon des nerveux à l'hôpital civil français (actuel Charles Nicolle). Le congrès des aliénistes de langue française qui eut lieu la même année à Tunis lança les fondements d'une politique d'assistance psychiatrique dans les colonies.

L'Hôpital pour les Maladies Mentales de la Manouba (HMMM) vit le jour dans le cadre de cette politique, son décret de création fut promulgué en 1924 et il ouvrit ses portes en 1931.

L'asile de la Manouba a été conçu dans la lignée des asiles français de son époque. Hôpital fermé, vivant en autarcie, son architecture a évolué pour s'ouvrir sur l'extérieur. Dirigé par un médecin directeur, l'hôpital avait un cadre législatif spécifique à chacune des populations qui y était admise. Cette structure hospitalière, souffrait d'encombrement et d'un manque de moyens humains et financiers. Les thérapies biologiques et institutionnelles étaient à la base du traitement.

L’indépendance de la Tunisie, concomitante à la découverte des psychotropes, favorise une augmentation considérable du nombre d'admissions. Le personnel soignant est tunisifié et l'HMMM prend le nom de « L'Hôpital Razi » mais ne réussit pas à changer l'esprit asilaire de la prise en charge.

À partir de la fin des années 70, le processus de transformation s'amorça. On procéda à l'augmentation du nombre de médecins et à la réorganisation des services. Le nombre de lits et les durées moyennes de séjour furent réduits. Ces changements se poursuivirent depuis à un rythme soutenu.

Au cours des années 90, l'hôpital connut une mise à niveau de son infrastructure et de sa prise en charge ainsi qu'une amélioration de son cadre législatif grâce au passage au statut d'Etablissement Public de Santé et la promulgation de la loi relative à la santé mentale. Ces derniers changements associés aux précédents contribuèrent à donner à Razi son visage d'aujourd'hui.

Actuellement, l'hôpital est définitivement sorti de l'ère asilaire mais il en garde toujours d'importantes traces, témoignant d'un processus de transformation qui ne prendra fin que par le succès de la politique de sectorisation et par l'ouverture de l'hôpital sur de nouvelles spécialités et autres techniques de soins.

L'avenir de Razi reste indéniablement tributaire de l'avenir du système d'assistance psychiatrique en Tunisie. Toutefois un travail de réflexion, de planification stratégique et d'implémentation rapide doit être entrepris afin d'évoluer vers un système, plus adéquat, qui prend en charge la maladie mentale dans toutes ses composantes : médicale, économique et sociale.

Mots clés : Histoire Médecine XXe siècle, Santé mentale, Hôpital psychiatrique, Santé publique, Psychiatrie.

(b) Pédopsychiatrie :

1. Troubles habituellement diagnostiqués pendant la première enfance, la deuxième enfance ou l’adolescence :

1-a- Retard mental :

Contribution à l'étude des données médicosociales du handicap mental dans la région de Sousse. [Ammar Fatma ép Abidi, Sousse 1983]

Le handicap mental pose deux problèmes essentiels :

- Un problème médical vu son irréversibilité une fois installée mais aussi 1'accessibilité de ses causes à la prévention.

- Un problème social :

* par le nombre : 1'organisation mondiale de la santé estime à 10 % le nombre des handicapés dans le monde et à 2,3 % le nombre des handicapés mentaux.

* par le retentissement sur la capacité d'intégration sociale du handicapé sur l'équilibre des parents et sur le rendement socio-économique,

* par le manque de prise en charge communautaire.

Dans ce travail, nous nous sommes efforcés de préciser les caractéristiques médico-sociales de ce handicap pour en dégager les principaux problèmes.

Nous nous sommes basé sur l'étude d’un échantillon de 88 enfants et adolescents inscrits du mois de Mars 1976 au mois de décembre 1982 au centre de jour de l'union Tunisienne d’aide aux insuffisants mentaux, section de Sousse. Parmi ceux-ci, 40 étaient réellement pris en charge à l'UTAIM au moment de l'enquête. Pour les 48 autres, nous avons effectué une enquête à domicile.

Cette étude, nous a permis de dégager les résultats suivants :

I- Les étiologies du handicap mental :

Nous les avons classés par ordre de fréquence :

I-1 Causes périnatales : 25 %

Dans ce groupe, les accouchements dystociques sont nettement prédominants (21,6 %) en second lieu 1'hypotrophie à la naissance (2,3 %), enfin l'inhalation de liquide amniotique (1,2 %).

I-2 Causes post natales : 23,8 %

Les maladies infectieuses viennent en premier lieu (21,6 %) et sont représentées par l'encéphalite post rougeoleuse (4,6 %) puis les encéphalites d’autres causes infectieuses, les méningites et la déshydratation aigue. À côté de ces maladies infectieuses, on trouve une faible proportion de traumatisme crânien (2,3 %).

I-3 Causes anténatales : 21,6 %

On a pu déterminer :

-14,8 % des causes génétiques qui se repartissent en 11,4 % trisomie 21, 2,3 % maladie de thosen et 1,1 % microcéphalie héréditaire.

- 6,8 % causes extrinsèques dont 3,4 % tentative d'avortement illégal, 2,3 % d'exposition aux Rayons X, 1,1 % Rubéole.

I-4 À côté de ces étiologies, 29,5 % de causes restent indéterminées probablement par manque d’exploration en particulier de maladies génétiques et/ou métaboliques, cependant dans ce groupe de causes indéterminées, nous avons constaté 61,1 % de mariages consanguins.

2- Le degré de la débilité :

Lorsque nous considérons l'ensemble de notre échantillon nous trouvons la répartition suivante :

- débilité légère : 30,7 %

- débilité moyenne : 46,6 %.

- débilité profonde : 22,7 %

Par contre lorsque nous observons seulement les inscrits, pris en charge réellement par le centre du jour cette répartition se modifie:

-Débilité légère : 35%

-Débilité moyenne : 57,5%

-Débilité profondes : 7,5%

3-L'Age

-Pour tout l'échantillon: il y a une sous représentation de ceux n’ayant pas encore atteint l'âge de 5 ans. L'âge modal se situe entre 15 et 19 ans.

- Pour les présents actuellement à l’UTAIM : il y a également une sous représentation de ceux ayant un âge inférieur à 5 ans mais l'âge modal est situé entre ? et 14 ans.

4- Le sexe

On remarque une sous représentation importante du handicap mental chez les filles. En fait, pour tout l'échantillon, le taux de masculinité est évalué à 3,18.Ce taux est encore plus élevé chez ceux qui fréquentent actuellement l'UTAIM : il est égal à 9.

5- Origine géographique des parents

On remarque un grand déséquilibre dans la répartition du handicap mental par délégation. Il n'est pas surprenant que la majorité des handicapés viennent de deux délégations : Sousse-Sud et Sousse-Nord ; le centre de jour de l'UTAIM étant au centre de la ville de Sousse. La distance de domicile des parents par rapport à ce centre présente probablement le principal mode de sélection du recrutement. Il n’existe pas d'autres centres de l'UTAIM ni d'autres organismes de prise en charge dans le gouvernorat de Sousse. Certaines délégations ne sont pas du tout représentées : Sidi Bou Ali, Bouficha, Enfidha. Cette différence est encore mieux mise en évidence en étudiant le groupe d'enfants présents actuellement à l'UTAIM,

6- Le milieu familial

Le bas niveau socio-économique se rencontre plus fréquemment parmi les familles de débiles légers ; mais si on ne tient pas compte de degré de la débilité et si on compare notre échantillon à la population générale, il semble que le niveau socio-économique est plus élevé parmi les familles de ces handicapés que dans la population générale. Ceci est probablement dû au fait que ces familles sont plus éclairées, connaissant l'UTAIM, et informées de la possibilité d'éduquer les han-dicapés mentaux et quelles sont peut être moins tolérantes vis à vis du handicap.

7- Entretien avec les parents

Au travers des réponses de parents concernant les avantages attendus de cette éducation, leurs suggestions et les causes pour lesquelles l'enfant a quitté l'UTAIM, nous pouvons affirmer que le handicap mental est une maladie partagée entre l'enfant et ses parents. Ces derniers en souffrent plus que l'enfant. Ce sont eux qui en subissent les plus lourdes conséquences : penser à son avenir, s'occuper de besoins quotidiens, faire face à tous ses problèmes sociaux.

L'irréversibilité du handicap mental lorsqu'il est installé et l'inefficacité des traitements médicaux ne peuvent qu'encourager à développer la prévention.

Cette prévention se distingue en :

prévention primaire : consiste à essayer de diminuer l'incidence de ce handicap dans la population par des mesures appropriées.

prévention secondaire : essaye par le dépistage précoce et le traitement de diminuer la gravité du handicap dans cette même population.

prévention tertiaire : tend à limiter au maximum l'invalidité dû au handicap notamment par des mesures appropriées.
En tenant compte des conditions socio-économiques actuelles du pays et surtout de la famille Tunisienne, plusieurs techniques préventives paraissent difficiles à pratiquer et leur généralisation semble même impossible. On peut donner quelques exemples :

1°- La Rubéole peut être prévenue par le vaccination de petites filles ou des femmes avant la grossesse si l’examen sérologique exclue leur immunité vis à vis de ce virus ; mais le coût élevé limite la pratique de ce vaccin ou cet examen sérologique dans notre pays.

2°- Le dépistage précoce de quelques maladies métaboliques comme la phénylacetonurie coûte très cher en lui même, son équilibre par un régime adéquat dès la naissance nécessite en plus de coût élevé une participation active des parents puis de l'enfant ce qui est difficile à réaliser.

3°- Les conditions matérielles du pays rendent impossible la généralisation du dépistage précoce du handicap mental au cours de la vie intra-utérine, à la naissance, pendant les cinq premières années de la vie puis à l'école.

Toutes ces raisons nous ont amenés à prévoir la réalisation des mesures suivantes par ordre de priorité :

1- Pour lutter contre les causes du handicap mental :

1-1 prévenir le risque des accouchements dystociques en premier lieu vu qu'ils présentent la cause la plus importante et la plus fréquente du handicap mental du moins dans notre échantillon d'étude. Pour cela il faut :

1-1-1- Encourager la surveillance de la grossesse.

- Sensibiliser les mères à la nécessité de cette surveillance surtout pendant les trois derniers mois de la grossesse pour prévoir et préparer les conditions nécessaires à 1'acouchement.

- Accroître le nombre des centres de P. M. I. et développer leur rôle de prévention.

- Tendre à généraliser la surveillance de grossesse et à la rendre obligatoire.

1-1-2- Améliorer les conditions de prise en charge de nouveau né surtout en cas d'accouchement dystocique :

- ces accouchement doivent être faits par un personnel (sage femme ou médecin) compétant dans le domaine : utilisation des forceps, du ventouse, accouchement de siège…

- améliorer les conditions de réanimation de nouveau né (matériel nécessaire - personnels compétents...)

- s'occuper de l'enfant en premier lieu en cas de souffrance néonatale.

- recyclage des sages-femmes dans le domaine de cette réanimation.

1-2- Prévention contre le risque des maladies infectieuses.

1 2-1 luttes contre la rougeole et ses complications

- généraliser la vaccination anti-rougeoleuse comme c'est le cas pour le B. C. G. et le tetracoq.

- sensibiliser les parents en leur montrant l'intérêt de cette vaccination.

- conseiller aux mères d'éviter les mauvaises habitudes devant l'attente de leurs enfants par la rougeole (trop les couvrir, les priver de bien manger, de se laver).

1-2-2- Lutte contre les autres maladies infectieuses :

- améliorer les conditions d'hygiène et éviter toute source de contagion.

- informer les parents de risque de la fièvre et essayer de leur apprendre les premiers soins d'urgence.

- ne pas négliger une fièvre surtout chez l'enfant et consulter un médecin le plus tôt possible avant la complication.

- poser précocement le diagnostic d'une méningite et la bien traiter.

1-3- Prévention contre le risque des Rayons X.

- informer les futurs parents de ce risque,

- insister au près des médecins, des techniciens en radiologie de ne plus pratiquer un examen radiologique chez une femme avant de s’assurer qu'elle ne soit pas enceinte.

- protéger tous les personnels exposés de façon permanente aux Rayons X, contre les méfaits de ces derniers.

1-4- Lutte contre certaines maladies héréditaires :

- il ne suffit pas de rendre le certificat prénuptial obligatoire mais il faut sensibiliser les médecins à son intérêt pour le dépistage des maladies héréditaires à transmission dominante ou récessive surtout lors d'un mariage consanguin et avertir les futurs parents du risque éventuel de ce mariage.

- essayer de diminuer progressivement la fréquence de mariages consanguins en utilisant les mass media pour l'information de ces risques éventuels.

- introduire l'éducation sanitaire y compris le risque de mariage consanguin dans le programme de 1!enseignement secondaire qui coïncide avec l'âge de l'adolescence où on est plus susceptible d'admettre la plupart des conseils et surtout les conseils sanitaires.

2- Pour limiter l'invalidité du handicap mental :

D'après l'expérience de la section de l'UTAIM à Sousse et d'après les suggestions des familles d'enfants handicapés mentaux nous suggérons à notre tour pour que cette prise en charge soit plus efficace :

2-1- Essayer de plus démocratiser la prise en charge et la rendre plus représentative de toute la région.

- recruter un plus grand nombre d'enfants handicapés mentaux.

- multiplier le nombre de sections de l'UTAIM ou d'autre organismes de prise en charge et les distribuer de façon égale à toute la région.

- assurer des moyens de transport spéciaux à l'intérieur de chaque délégation.

- sensibiliser les parents à l'intérêt de cette éducation pour que cette dernière ne soit pas limitée aux parents conscients et cultivés dès le débit,

- permettre aux filles handicapées cette éducation en leur assurant les moyens de déplacement et en évitant la mixité à l'intérieur des organismes de prise en charge.

2-2- Assurer l'avenir de ces handicapés et ne les laisser pas comme une charge supplémentaire à la société :

- mettre l'accent sur 1'apprentissage professionnel pour les handicapés légers puis moyens et les insérer dans des entreprises étatiques pour y travailler au lieu de les laisser se débrouiller tous seuls.

- insister sur l'apprentissage de l'autonomie pour les handicapés profonds et aider leur parents à les prendre en charge et à faire face à tous leurs problèmes.

2-3- Placer cet établissement (l'UTAIM) sous un régime étatique et un financement étatique comme les autres écoles pour que ces enfants soient traités de façon équivalente à celle des enfants normaux.

2-4- Essayer de changer le point de vue de la société vis à vis de ces handicapés pour que ces derniers ne soient pas pendants de moqueries et de mépris des autres et qu'ils ne soient pas mis en écart de la société.

2-5- Faire apprendre aux familles la manière de se comporter avec l'enfant handicapé et leur assurer l'aide matériel et moral pour partager avec elles ce problème lourd à supporter.

Mots clés : Médecine communautaire, Handicap mental, Données médico-sociales, Région de Sousse.

Le handicap mental: Définitions, classifications et systèmes de recueil des données. [Gaddas Jamil, Tunis 1998]
Le but de ce travail est d'aider les commanditaires et les utilisateurs des enquêtes en santé mentale dans leurs choix grâce à une analyse des divers problèmes qu'ils peuvent rencontrer. Pour ce faire nous avons repris les principales définitions, classifications et méthodes de collecte de données en les illustrant par des travaux épidémiologiques déjà réalisés. Ainsi, l'analyse de différentes enquêtes réalisées en santé mentale dans divers pays ainsi que des différentes classifications utilisées a permis de cerner les problèmes dont souffre la recherche épidémiologique dans ce domaine et qui résident dans la disparité de la nosographie qui a toujours été marquée par des différences culturelles et des barrières linguistiques et le caractère flou, subjectif et difficilement communicable des nombreuses classifications qui ont été élaborés et qui est dû au manque de critères objectifs, biologiques ou biophysiques. Et il ressort de l'étude des différentes méthodes de collecte de données en santé mentale que ces dernières ne valent qu'en fonction des objectifs pratiques auxquels elles répondent et on ne peut donc affirmer la suprématie de telle ou telle méthode. En matière de prévention, les actions concernent essentiellement le dépistage à la naissance de certains déficits basés sur une haute technologie de dépistage ainsi qu'une attention soutenue portée aux soins prénataux et néonataux, tout en sachant que dans la pathologie mentale, les résultats de l'exposition au risque peuvent se faire sentir longtemps après (notion de fracture infantile) et donc tenir compte de cet effet retard dans la conception des programmes. Et pour ce qui est de la prise en charge, on a pu constater que les déficients mentaux ont bénéficié de plus d'actions et de programmes de prise en charge que les malades mentaux et que cette prise en charge en Tunisie est confiée essentiellement au secteur associatif.

Mots clés : Maladie, déficience, Incapacité, Handicap, Mental, Epidémiologie psychiatrique.

Déficience mentale en consultation de pédopsychiatrie. A propos de 334 cas. [Meftah Soumaya ép Gargouri, Sfax 2003]

1-b- Troubles des apprentissages :

A propos des difficultés scolaires chez les lycéens (Etude prospective sur 231 cas de la région de Sfax). [Maalej Mohamed, Sfax 1985]

Inadaptation scolaire: Facteurs de risque et prévention. Résultats d'une enquête dans la région de l'Ariana. [Hajji Saïda ép Jomaa, Tunis 1990]
Le rendement scolaire est la manifestation du développement physique psychomoteur et affectif de l'élève. L'échec est donc le résultat d'un déséquilibre de l'une des structures de la personnalité. Une enquête portant sur 792 élèves dans les écoles de Sidi Thabet et de Kalaât Landalous nous a permis d'étudier les différents facteurs liés à l'inadaptation scolaire. Le déséquilibre peut être d'ordre psychosocial secondaire à des conditions de vie difficiles notamment pour les enfants issus de familles pauvres, ou à une immaturité psychoaffective quand les élèves évoluent dans un entourage peu instruit n'offrant pas les stimulations intellectuelles, psychomotrices et affectives nécessaires à un bon développement pendant les premières années de la vie. Ce déséquilibre peut aussi être d'ordre biologique et sanitaire en ce sens que les enfants mal nourris, dormant mal, n'ayant pas de distractions permettant leur épanouissement, les enfants ayant une croissance insuffisante ou souffrant de maladies chroniques sont tous plus exposés que les autres à l'échec scolaire.

Au vu de ces données, nous avons proposé un programme de prévention qui implique toute les parties concernées : médecins, psychologues, enseignants, parents et structures sociales.

Mots clés : Echec scolaire, Facteurs de risque, Profil sanitaire et psychosocial des élèves.

Retentissement de l'épilepsie sur la scolarité de l'enfant et de l'adolescent (À propos de 100 cas). [Bellaaj Lachtar Faouzia, Sfax 1992]

L’échec scolaire. Résultat d’une enquête prospective réalisée à la délégation de la Marsa. [Mezghani Mohamed Néjib, Tunis 1993]
Après un rapide survol théorique de l'échec scolaire, nous avons exposé les résultats d'une enquête prospective ayant pour but d'identifier les causes de l'échec scolaire et de rechercher les facteurs prédictifs susceptibles d'aider à la prévention de ce fléau. Cette enquête réalisée pendant l'année scolaire 1991-1992, dans les écoles primaires publiques de la délégation de la Marsa a intéressé 1666 élèves.

Résultats : Cette étude nous a permis de souligner l'importance de nombreux facteurs dans la genèse de l'échec scolaire :

1- Conditions socio-économiques :

- selon le revenu familial : p < 10-6

- selon le niveau d'instruction des parents : p < 10-6

- selon le nombre de frères et soeurs : p = 10-6

2- Conditions qui entourent la conception

- selon le désir de grossesse : p = 1,8.10-4

- selon le désir d'IVG : p = 4,5.10-6

3- Mais aussi l'importance d'un développement pscyho-moteur, affectif et intellectuel harmonieux:

- selon l'âge d'acquisition de la position assise : p = 4.10-3

- selon l'âge d'acquisition de la position debout : p = 3.7.10-2

- selon l'âge de la marche : p = 1,16.10-3

- selon le comportement affectueux de l'enfant : p = 3.10-3

- selon le comportement de violence de l'enfant : p = 5.10-4.

- selon la curiosité intellectuelle : p = 2,7.10-3

Mots clés : Echec scolaire, inadaptation scolaire.

Echec scolaire et épilepsie. Etude à propos de 100 cas. [Kasraoui Chaouki, Tunis 1999]
Les difficultés et les inadaptations scolaires sont souvent corrélées à l’épilepsie de l'enfant.

Le but de notre travail est le dépistage le plus précoce possible de la comitialité et la prévention de l’échec scolaire dans une population d'enfants âgés de 6 à 15 ans.

Nous avons mené une étude rétrospective de type cas témoin portant sur une population de 162 enfants d'âge scolaire composée d'un groupe d'étude de 100 enfants épileptiques colligés sur une période de 3 ans (1995-97) et d'un groupe témoin de 62 enfants sélectionnés à partir de la fratrie du groupe d’étude, du même sexe à défaut du sexe opposé et qui sont scolarisés.

De notre travail se dégagent les résultats suivants:

A âge égal entre les enfants du groupe d'étude et les enfants du groupe témoin:

-La classe d'étude est significativement inférieure dans le groupe d'étude: la classe Scolaire moyenne est de 3,8 contre 4,8 dans le groupe témoin. P= 0,027604.

Le retard est donc en moyenne d'une année.

-La différence des moyennes scolaires est significative:

*Pour la dernière année scolaire:

La moyenne scolaire est de 8,8/20 dans le groupe d'étude contre 11,7/20 dans le groupe témoin. P=0,000038.

*Pour le dernier trimestre scolaire:

La moyenne scolaire est de 9,4/20 dans le groupe d'étude contre 11,6/20 dans le groupe témoin. P=0,003169.

Mos clés : Epilepsie, Enfant, Ecole.

Difficultés Scolaires : Etude Psychopathologique. A Propos de 394 cas. [Chenguiti Abdellah Ahmed, Sfax 1999]* (*indisponible aux deux bibliotèques consultées).

L’inadaptation Scolaire en Consultation de Pédopsychiatrie. A propos de 188 cas au Centre de Médecine Scolaire et Universitaire de Tunis. [Dakhlia Najet épouse Boukhari, Sfax 2000]

1-c-Troubles de la communication :

Bégaiement à propos de 100 cas. [Ammar Dorra, Tunis 1990]

1-d- Troubles envahissants du développement :

L'évolution des troubles envahissants du développement chez des enfants pris en charge au centre "Errahma" à Sfax. [Besbès Mondher, Monastir 2000]

1-e- Troubles : Déficit de l’attention et comportement perturbateur :

Instabilité psychomotrice - Trouble déficit de l'attention / Hyperactivité chez l'enfant. [Denguezli Inès, Tunis 2001]
L'instabilité psychomotrice de l'enfant recoupe sous ce vocable plusieurs entités et, dans la littérature, différentes expressions sont utilisées témoignant de la diversité des approches.

Les multiples controverses qui animent ce sujet nous ont conduit à élaborer ce travail qui vise à mieux cerner nos données cliniques et à les comparer aux données de la littérature.

Pour ceci, nous avons mené une étude rétrospective portant sur 203 enfants âgés de 3 à 12 ans, ne souffrant ni d'arriération ni de psychose, consultant en pédopsychiatrie (années 1998 et 1999).

L'instabilité psychomotrice touche un tiers des enfants. Elle est fréquemment rencontrée chez les enfants souffrant de troubles des conduites et/ou oppositionnel (86,4%). Elle est de moindre fréquence dans les : troubles de l'adaptation (41,7%), troubles de l'humeur (33,3%) et troubles anxieux (14,3%). L'instabilité psychomotrice exprime ces trois derniers troubles surtout chez les garçons et d'autant plus que l'enfant est jeune.

Le trouble déficit de l'attention/hyperactivité est présent dans 21% des cas. La comorbidité y est importante (75%).

Seuls les facteurs psychosociaux sont significativement corrélés au trouble DA/H (p=0,04). La perturbation de la relation parents-enfant et le rejet scolaire retrouvés chez les enfants souffrant de ce trouble, nous amènent à insister sur la nécessité d'une prise en charge précoce de ceux-ci afin de prévenir l'installation de contre attitudes négatives envers eux, celles-ci ayant été incriminées dans la genèse d'une désadaptation socioprofessionnelle ultérieure.

Mots clés : Agitation psychomotrice, Trouble attention avec hyperactivité, Enfant, Psychiatrie enfant.

1-f- Tics :

Syndrome de Gilles de la Tourette: Réflexions à propos de 3 cas. [Dakhlaoui Olfa ép Belcadhi, Tunis 2001]
Le syndrome de Gilles de la Tourette décrit il y a plus de cent ans, demeure encore une entité mystérieuse.

Il a suscité et suscite encore de nos jours l'intérêt des neurologues et psychiatres. Notre travail est essentiellement une revue de la littérature, appuyée par l'étude clinique de trois observations, diagnostiquées selon les critères du DSM IV et dont le but est d'illustrer les complexités diagnostiques et thérapeutiques.

Il nous a permis de dégager certains points:

* Il s'agit d'une affection rare et peu connue.

* Le tableau initial est fait le plus souvent de tics moteurs.

* Les tics vocaux, la coprolalie et les troubles du comportement se voient plus tardivement.

* Ces derniers constituent dans la majorité des cas, le motif de consultation.

* De ce fait, le délai diagnostique moyen est tardif: 5 à 11 ans.

La prise en charge de ces patients est délicate, et de sa qualité dépendra le pronostic de la maladie. Améliorer ce dernier, passera d'abord par une meilleure connaissance de ce syndrome.

Mots clés : Gilles de la Tourette, Maladie, Tic, Trouble obsessionnel compulsif, Trouble Psychomotricité, Diagnostic, Étiologie, Biologie, Psychopathologie, Traitement biologique.

1-g- Troubles du contrôle sphinctérien :

L’énurésie chez l’enfant Tunisien. Approche épidémiologique, clinique, psychopathologique et thérapeutique. Etude de 255 cas. [Belaîd Mohamed, Tunis 1990]
Sur une période de 8 ans, de 1981 à 1988, 255 dossiers d'enfants énurétiques ont été colligés à la consultation de pédopsychiatrie.

Les résultats obtenus confirment sur certains points les données de la littérature (sexe, niveau socio-économique, taille et rang de la fratrie, éducation sphinctérienne, caractères de l'énurésie).

Sur le plan psychopathologique, nous ne retrouvons pas de profil psychologique type de l'enfant énurétique.

Le traitement fait appel en premier lieu, aux moyens simples, puis à la rééducation sphinctérienne au réveil électrique et aux médicaments.

Mots clés : Enurésie, Enfant, Neurophysiologie sphinctérienne.

L'énurésie primaire de l'enfant. Facteurs individuels et environnementaux (100 cas). [Mtiri Ferdaous, Tunis 2003]
L'énurésie primaire nocturne isolée est un symptôme très fréquent en consultation pédiatrique et pédopsychiatrique.

L'objectif de ce travail est de rechercher les éventuels facteurs responsables de la genèse du trouble et de sa persistance.

Il s'agit d'une étude descriptive, déroulée dans un centre de Protection Maternelle et Infantile (PMI de Mellassine), étalée sur une période de deux mois. 100 enfants énurétiques ont été colligés.

Nous avons retrouvé un pic de fréquence entre 5 et 7 ans, avec persistance notable du trouble au-delà de 11 ans (18%). Une fréquence masculine de 54%.

La plupart des enfants mouillent leur lit toutes les nuits, souvent en début de nuit, une ou plusieurs mictions sont rapportées ainsi que leur caractère abondant.

Comme symptômes associés on note une l'instabilité psychomotrice (46%), une encoprésie (14%) et la succion du pouce (16%).

Les facteurs probablement impliqués : l'hérédité (83%), un seuil d'éveil élevé (66%), des facteurs psychogènes directement impliqués ou entretenant le trouble (perturbations psychoaffectives au moment de l'acquisition de la propreté : 55%, réactions parentales inadéquates : 60%, port de couches à un âge avancé : 32%, amélioration du symptôme lors des séjours extrafamiliaux : 25%, l'immaturité vésicale : 52%.

Seulement 42% des enfants ont bénéficié d'une consultation et d'une thérapeutique.

Mots clés : Enurésie, Enfant, Etiologie, Sommeil, Thérapeutique.

1-h- Autres troubles de la première enfance, de la deuxième enfance ou de l’adolescence :

Divorce des parents et répercussions psychopathologiques chez l'enfant et l'adolescent. [Ayadi Hela ép Djemal, Sfax 2000]

2. Troubles mentaux dus à une affection médicale générale :

Troubles psychiques et enfants épileptiques. [Ghachem Rim ép Attia, Tunis 1993]
Nous nous sommes proposés d'étudier les troubles psychiques de l'enfant épileptique et d'essayer d'en tracer le profil épidémiologique.

Pour ce faire, nous avons étudié par le biais d'un questionnaire les données sociodémographiques, la scolarité et la pathologie psychiatrique d'un échantillon de 111 enfants épileptiques ayant consulté à l'Hôpital Razi en 1991 que l'on a comparé à un échantillon témoin de101 enfants souffrant de pathologies chroniques.

Il ressort de notre étude que l'enfant épileptique se présente :

A-/ Au niveau social comme un enfant :

- bien inséré dans le réseau social ;

- scolarisable,

- capable de s'adonner à des activités sportives.

B-/ Au niveau psychopathologique, cet enfant présente surtout :

- des troubles du comportement : 17.1 %.

- des éléments dépressifs : 24,3 %.

En matière du pronostic, notre étude montre que l'évolution de l’épilepsie est significativement corrélée à celle des troubles psychiatriques.

Mots clés : Enfant, Epilepsie, Dépression, Troubles du comportement.

3. Troubles liés à une substance :

Contribution à l'étude épidémiologique du tabagisme chez les lycéens à Médenine. [Henchi Salah, Sfax 1987]

Tabagisme des Lycéens et rendement scolaire: Enquête du lycée de Bab El Khadhra de Tunis. [M'Saad Mohamed, Tunis 1997]
Le tabagisme constitue un réel problème de santé et en particulier chez les jeunes qui se trouvent exposés à une morbidité précoce.

Nous avons mené une enquête épidémiologique sur le tabagisme auprès des élèves du lycée de Bab El Khadhra de Tunis. La prévalence globale du tabagisme retrouvée est de 14% avec 27,3% chez les garçons et 3,8% chez les filles. L’installation de l’habitude tabagique était précoce puisque le quart des élèves ont commencé à fumer avant l’âge de 13 ans. Les motivations de leur tabagisme sont diverses, mais absentes chez 49% d’entre eux.

Le taux de redoublement a été significativement plus élevé chez les lycéens fumeurs et les moyennes des notes de ceux-ci étaient plus mauvaises.

Les efforts de prévention doivent, de ce fait, cibler les jeunes bien avant le cycle secondaire, en les impliquant davantage et en variant les supports éducationnels.

Mots clés : Tabagisme, Jeunes, Epidémiologie, Rendement scolaire.

conduites addictives chez les adolescents en échec scolaire: A propos de 98 cas. [Zouaghi Haroun, Tunis 2004]
Le but de notre travail était de dégager les principaux facteurs de risque et les moyens de prévention pour éviter un échec scolaire.

Dans cet objectif, nous avons pratiqué une étude prospective sur 98 adolescents « en danger », au moyen d'un questionnaire, ainsi que d'une échelle d'autoévaluation de la dépression, le « Children's Dépression Inventory ».

Une comparaison des pourcentages à l'aide du test CHI 2 a été utilisée pour valider les résultats obtenus.

Nos résultats ont montré que parmi 83 adolescents en rupture scolaire, 35 présentaient des conduites addictives et 18, un syndrome dépressif.

Ils ont permis d'établir, par ailleurs, trois types de corrélations :

- Entre troubles psychosomatiques, du sommeil, du comportement, mauvaises conditions socio-économiques et rupture scolaire.

- Entre mauvaise ambiance familiale, faibles conditions socio-économiques et dépression.

- Entre troubles psychosomatiques, du sommeil, du comportement, ambiance familiale délétère, faibles conditions socio-économiques et conduites addictives.

Enfin, ils ont mis en lumière que, malgré la similarité des facteurs de risque, les relations qui existaient entre dépression, conduites addictives et échec scolaire étaient complexes.

Il apparaît donc, que seul un travail sur le terrain avec ces jeunes permet une prise en charge efficace. Celle-ci, facilitée par un réseau « d’adultes-relais », vise tant à agir au niveau des facteurs de risque qu’à resocialiser ces adolescents que les circonstances ont déstructurés.

Mots clés : Adolescent placé en institution, Tabac, Alcoolisme, Troubles liés substance toxique, Dépression.

4. Schizophrénie et autres troubles psychotiques :

La schizophrénie débutante chez le lycéen et l'étudiant. (A propos de 82 cas). [Sellami Wacim, Sfax 1987]

Etude comparative des conduites agressives chez les enfants psychotiques et les enfants déficients mentaux. A propos de 600 cas. [Amri Fayçal, Tunis 1998]
L’agressivité en pédopsychiatrie demeure un sujet préoccupant et peu exploré. Le but de ce travail est d’étudier les conduites agressives en fonction de leur nature, du sexe, de l'âge ainsi que des facteurs de l'environnement, dans les psychoses infantiles et la déficience mentale.

Il s'agit d'une étude rétrospective portant sur un échantillon important de 600 enfants suivis de 1991 à 1995 au service de pédopsychiatrie de Razi à Tunis (Pr MB. HALAYEM), pour psychoses infantiles (300 cas) et déficience mentale (300 cas).

L'âge varie de 2 à 16 ans avec une moyenne d'âge de 8.5 ans.

La répartition en fonction du sexe est de 381 garçons (63.5%) et 219 filles (36.5%).

Les conduites agressives ont été retrouvées dans le tiers de la population (33%). Elles sont plus fréquentes dans les psychoses (45%) que dans la déficience mentale (21%) (chi2 :39.08 P<0.001).

Les conduites auto agressives représentent 10% de toute la population. Elles sont beaucoup plus fréquentes dans les psychoses

(41.5%) que dans la déficience mentale (8%) (chi2: 22.67 P< 0.001).

Les conduites hétéro agressives ont été retrouvées chez 18% des enfants, elles sont à l'inverse de l’auto agressivité, plus fréquentes dans la déficience mentale (75%) que dans les psychoses (45%) (chi2:11.89 P<0.001).

Quant aux conduites associant auto et hétéro agressivité, elles sont les moins fréquentes et ne présentent pas de différence significative entre psychoses et déficience mentale.

Mots clés : Enfant, Agressivité, Automutilation, Psychose, Arriération mentale.

5. Troubles de l’humeur :

5-a- Troubles dépressifs :

La dépression masquée de l'enfant (ou le masque de la dépression chez l'enfant). A propos de 70 cas. [El Ouni Marouan, Tunis 1987]

5-b- Troubles bipolaires :

Les troubles bipolaires chez l'enfant et l'adolescent (À propos de 50 cas). [Othman Sami, Tunis 2002]
Entité située au centre des troubles de l'humeur à travers les différentes catégories d'âges, le trouble bipolaire juvénile présente actuellement un intérêt majeur. (Travaux de Geller, Biederman, Strober...)

Nous avons tenté à travers ce travail de contribuer à une connaissance des caractéristiques cliniques, évolutives et thérapeutiques de ce trouble, et nous nous sommes basés pour ce faire sur une étude rétrospective, portant sur 50 adolescents âgés de 12 à 19ans, auxquels a été administré un questionnaire explorant les différents aspects du trouble.

La moyenne d'âge lors de la première hospitalisation était de 15,8 années, le sex-ratio était de 1,27 en faveur des filles. Le caractère familial du trouble bipolaire se confirme dans notre étude (16 % des parents consanguins au premier degré avec une consanguinité égale à 50%).

Le diagnostic de trouble bipolaire de type I était le plus fréquent (94% des cas). Les manifestations anxieuses diminuent au fils des accès maniaques (p=0,002).

Deux formes ont été retrouvées : la première concerne les jeunes adolescents âgés de <16ans marquée par l’atypicité de la symptomatologie initiale (mixte ou psychotique) p=0,0048.

La deuxième forme touche les adolescents plus âgés (>16ans) où les épisodes sont plus classiques et les conduites addictives sont plus présentes.

La prescription précoce des thymorégulateurs ainsi que la prise en charge psychosociale ont conditionné le pronostic.

Mots clés : Enfant, Adolescence, Trouble de l’humeur, Trouble bipolaire, Classification.

6. Troubles anxieux :

Anxiété de l'enfant: Etude à propos de 78 enfants. [Amara Mejda, Tunis 2000]
Le but de notre étude est double :

D'abord d'étudier la prévalence des troubles anxieux (anxiété-état) et les facteurs qui leurs sont associés.

Ensuite d'étudier la relation de l'anxiété-trait aux différentes catégories diagnostiques retrouvées selon la CIM 10, ainsi que les différents modes d'expression de l'anxiété-trait.

Notre étude est prospective, portant sur un échantillon de 78 enfants. La recherche de l'anxiété-trait, nous l'avons faite à l'aide d'un questionnaire de 34 items adressé aux parents et en vu d'établir des scores.

De notre étude il ressort que :

La prévalence des troubles anxieux (anxiété-état) est de 11,55 %. L'état de stress post traumatique est le trouble anxieux le plus fréquent. Le sexe ratio des troubles anxieux est de 2M/1F.

L'âge moyen est de 8,05 ± 3ans.

Les autres catégories diagnostiques de notre population sont :

- Les troubles dépressifs : 29,5 %, c'est la catégorie la plus fréquente.

- Les troubles des conduites : 16,7 %.

- Les troubles des acquisitions scolaires : 11,55 %.

- L'épilepsie : 10,20 %.

- Autres : 20,5 %.

Pour la deuxième partie de notre travail : Les scores relatifs aux différentes catégories diagnostiques sont par ordre décroissant comme suit :

*L'épilepsie : 54,62 ; *troubles dépressifs : 47 ,79 ; *troubles anxieux : 45,66;

*troubles des conduites : 42,69 ; *troubles des acquisitions scolaires : 38,33 ;

* autres : 36,33.

Concernant les scores relatifs aux 3 différentes catégories d'items, 2 constatations sont à faire :

La première est que le score moyen relatif à chacune des 3 catégories d'items va dans le même sens que le score moyen total de chaque catégorie diagnostique.

La deuxième est que les scores les plus élevés sont ceux de l'expression comportementale.

Mots clés : Anxiété, Dépression, Echelle d’anxiété-trait, Enfant.

Perception du Stress à l'adolescence (Enquête à propos de 1045 cas). [Aloulou Bouguecha Jihen, Sfax 2003]
Le travail a porté sur un échantillon de 1045 lycéens, du lycée Mhamed Ali de Sfax âgés de 15 à 22 ans, en utilisant un auto questionnaire rédigé en arabe, et comprenant 14 questions.

L'objectif était d'étudier la perception du stress par le lycéen adolescent, après la campagne de sensibilisation du programme national de santé mentale. Des réponses, il ressort qu'un état de stress serait vécu par 93 % de nos élèves.

La gestion de stress serait individuelle, pour presque la moitié des élèves, alors que, pour près des 3/4 (74%), à l'aide d'un soutien psychologique.

En milieu familial, la mère a constitué le soutien affectif le plus important (35.3%), contrairement au père, était un soutien affectif pour 18.4% des élèves seulement.

Les amis ont constitué un recours très important, pou lutter contre le stress, et ceci selon 87.7 % des élèves

Les loisirs, cités par 80.2% de nos élèves, étaient le moyen le plus important, de gestion de stress.

Un nombre important d'élèves, géraient leur stress par des réactions explosives envers le milieu familial (58%), et le milieu scolaire (35%).

Le stress, selon les élèves, serait d'origine multifactorielle.

En milieu familial, les méthodes éducatives, et surtout l'autorité excessive des parents (84%), ainsi que les conflits familiaux, impliquant la séparation des parents (56%), étaient très fortement incriminés.

Le milieu scolaire était, le plus incriminé comme origine de stress (76.5% des élèves), comparé aux autres milieux, ce qui implique, outre les méthodes d'enseignement, celles éducatives, mais surtout les réglementations scolaires.

En milieu social, 94.1 % estimaient que, les difficultés relationnelles avec les amis, peuvent être à l'origine de stress. Les difficultés d'intégration sociale, ont été citées, par presque la moitié des élèves.

Parmi les médias, la télévision semble constituer, la source la plus importante de stress, l'immigration n'était évoquée que par 17 % des élèves.

Pour 34.7 % des élèves, l'image de soi de l'adolescent, peut être impliquée dans la genèse de stress ; cette perception, a évolué de façon inversement proportionnelle à l'âge de nos élèves.

Concernant les aspects relationnels, au sein de la famille, c'est la relation avec la fratrie qui est jugé la plus stressante.

En milieu scolaire, 43.3% des élèves jugent la relation avec les professeurs, comme étant stressante. Plus de la moitié des élèves, perçoivent la vie affective, comme étant une source de stress (51.5 %).

Le stress pourrait avoir des effets néfastes sur la santé, selon 95 % des élèves.

Mots clés : Adolescence. Perception, Santé Mentale, Stress, Coping, Ecoute.

7. Troubles des conduites alimentaires :

Etude de la prévalence de l'anorexie mentale et de la boulimie nerveuse. (A propos d'une enquête auprès de 720 adolescents en milieu scolaire). [Hichri Kamel, Monastir 2000]

Troubles des conduites alimentaires chez les adolescents: Prévalence et facteurs de risque. [Amara Ghanem, Sousse 2001]
La fréquence des troubles des conduites alimentaires sous toutes leurs formes, semble en progression depuis quelques décennies, notamment chez les jeunes adolescentes.

Ces dernières années, plusieurs travaux ont été publiés sur ce sujet. Cependant leur origine le plus souvent occidentale, ne peut refléter correctement les attitudes alimentaires de la population tunisienne

Dans cette optique nous avons réalisé une enquête auprès des adolescentes scolarisées de la ville de Sousse,

Notre objectif est d'estimer la prévalence des troubles des conduites alimentaires dans cette population et d'en discuter les facteurs de risque. Pour ceci nous avons utilisé comme instrument de dépistage le EAT 40 et nous avons interrogé les participantes par un questionnaire relevant des données personnelles, familiales et socioculturelles.

618 fiches sont retenues parmi Ses 625 recueillies. Un trouble des conduites alimentaires est défini par un score au EAT 40 supérieur à 32. La prévalence des troubles des conduites alimentaires est de 28.6%. Les facteurs de risque retrouvés dans notre étude sont les suivants:

* Le niveau faible des performances scolaires

* Le surpoids

* L'antécédent de traumatisme psychique, en particulier le divorce des parents et le mauvais traitement,

* L'antécédent de régime alimentaire,

* L'activité sportive de haut niveau, en particulier la danse et l'athlétisme,

* Les antécédents familiaux psychiatriques

* Le comportement des parents marqué par la rigidité et la surprotection

* L’adoption d'une silhouette féminine maigre.

Mots clés : Anorexie, Boulimie, Adolescence, Prévalence, Psychiatrie

8. Troubles du sommeil :

Les parasomnies chez l'enfant en consultation pédopsychiatrique. [Charfi Fatma, Tunis 2001]
Les parasomnies forment un ensemble de troubles observés pendant le sommeil. Souvent bénignes chez l'enfant elles occupent une place importante au sein des troubles du sommeil du fait de leur fréquence et leur diversité clinique. Elles ont exceptionnellement fait l'objet d'étude globale les impliquant dans leur spécificité. Notre étude s'appuyant sur la Classification Internationale des Troubles du Sommeil vise à une meilleure connaissance tant clinique que épidémiologique de ces entités.

De cette étude rétrospective, descriptive et comparative, portant sur 587 cas d'enfants souffrants de parasomnies recrutés en consultation pédopsychiatrique sur une durée de 10 ans (1982-1992), il ressort :

- que la prévalence globale de ces troubles se chiffre à 14,7 % ; par rapport aux troubles du sommeil elle est de 56,2 %.

- Elles concernent autant les 2 sexes (sexe ratio=l,l), l'âge moyen des enfants est de 8,8 ans.

- L'absence ou la brièveté de l'allaitement maternel (33%), les antécédents et les facteurs de risques personnels (61,7%), les facteurs psychosociaux (46%), les troubles mnésiques (30%) et les céphalées (34,7%) apparaissent comme des paramètres importants associés à ces parasomnies.

- L'étude catégorielle des parasomnies trouve que les troubles de l'Eveil viennent en premier avec 52,8 % des cas, suivis des troubles de la Transition Veille-Sommeil dans 44,5 % des cas, des troubles du Sommeil Paradoxal dans 20.4 % des cas, et des autres Parasomnies dans 6 % des cas.

- L'association des parasomnies est fréquente, retrouvée dans 27,9 % des cas.

L'étude analytique des différentes parasomnies trouve par ordre décroissant : les terreurs nocturnes (28,7%), la somniloquie (27,9%), les cauchemars (20,4%), les éveils confusionnels (18,7%), les rythmies d'endormissement (13,4%), le somnambulisme (10,5%), le bruxisme (5,4%), les sursauts d'endormissement (4.9%), et les ronflements primaires (0.7%).

L'étude comparative de ces différentes parasomnies trouve des différences significatives au niveau du développement psychomoteur et psychoaffectif et des pathologies associées (rythmies et somniloquie P=0.00 ; rythmies et cauchemars P=0.00), des antécédents personnels (rythmies et cauchemars P=0,01), des troubles mnésiques (somniloquie et éveil confusionnel P=0,00).

Mots clés : Troubles du sommeil, Parasomnies, Enfant, Adolescence, Psychiatrie enfant.

9. Problèmes relationnels :

9-a- Problème relationnel lié à un trouble mental ou une affection médicale générale :

Psychopathologie des enfants et des adolescents de parents atteints de troubles mentaux. A propos de 204 cas. [Walha Adel, Sfax 2002]

9-b- Problème relationnel parent-enfant :

Carences parentales et troubles mentaux. [Jelassi Sana, Tunis 1993]
Notre travail s'est proposé d'estimer la fréquence des carences parentales précoces, de comparer leurs incidences et de déterminer si elles représentent ou non un facteur de risque de survenue d’un trouble mental.

Pour cela nous avons étudié par le biais d'un questionnaire les événements de vie précoces de 400 patients ayant consulté ou été hospitalisés en milieu psychiatrique en 1992.

Nos résultats montrent un taux de carence parentale évalué à 44% dans les troubles affectifs et à 39% dans les troubles anxieux. La carence parentale est un facteur de risque significatif de survenue d'un trouble affectif ou anxieux ultérieur. Les décès parentaux sont plus significatifs dans les troubles affectifs entre la naissance et cinq ans alors que les séparations parentales seraient liées aux troubles anxieux.

Mots clés : Carences parentales, Décès parentaux précoces, Séparations parentales, Troubles affectifs, Troubles anxieux.

Compétences du nouveau né et interactions précoces. [Boudehri Rachid, Tunis 1995]
Après une revue de la littérature concernant les compétences du nouveau-né et les interactions précoces, notre étude prospective transversale a porté sur 50 enregistrements vidéoscopiques de mères et de leurs nouveau-nés âgés en moyenne de 14 jours lors d'une consultation de néonatalogie.

Deux moments privilégiés ont été retenus : l'examen médical et le change.

L'analyse des observations filmées a été effectuée grâce à une grille comportant 30 items.

Les résultats de notre étude sont les suivants :

Le mode de communication privilégié des nouveau-nés est le contact tactile (51%) avec des comportements d'auto apaisement significativement supérieurs pour les enfants sains (p=0,02).

Le canal de communication privilégié des mères est constitué par le regard (78%), surtout les primipares (p=0,04) et les mères dont les enfants ont été hospitalisés (P=0,09).

Dans l'échange, le dialogue tonique (75%) prime sur le regard (51%) et les vocalisations (41%).

Certaines observations ont mis en évidence des perturbations interactives. Ce qui nous amène à évoquer la dimension thérapeutique et préventive des interactions précoces.

Mots clés : Compétences néonatales, Interactions précoces, Observation directe, Enregistrement vidéoscopique.

Carences parentales précoces et répercussions psychopathologiques chez l'enfant et l'adolescent. A propos de 180 cas. [Laaribi Héla, Sfax 1999]

Conduites agressives et interactions précoces. [Guesmi Badï, Tunis 2000]
L'agressivité en pédopsychiatrie demeure un sujet de recherche en devenir. Ses manifestations au niveau de l'interaction précoce mère-nourrisson, sont encore peu étudiées. Le but de ce travail est d'explorer les formes et/ou canaux d'expression lors d'une situation frustrante pour le nourrisson.

Après une revue de la littérature sur le sujet, notre étude a porté sur 62 couples mère-enfant ; à la salle de suivi nutritionnel à la consultation de PMI cité Hlel.

Les nourrissons appartiennent à deux groupes d'âge : de 5 à 7 mois 38 cas et de 11 à 13 mois 24 cas.

Le moment de la pesée (frustrant pour le nourrisson) filmé, a été retenu et analysé avec l'anamnèse grâce à une grille de 80 items.

> Du côté du nourrisson :

• Les plus coléreux sont ceux âgés de 7 mois. Cet âge coïncide dans notre échantillon avec la moyenne de début de la réaction d'angoisse au visage étranger (l’angoisse du 8ème mois: 2ème point organisateur de Spitz) qui s'est révélé égale à 6 mois 25 jours.

• Le rapport de la toute première réaction (motrice, vocale ou auto-apaisement) avec l'âge est de corrélation non significative. De même le rapport de la réaction de la tête et la réaction d'agrippement avec l'âge est non significatif.

- le rapport de la réaction d'exploration de l'environnement avec l'âge est statistiquement significatif (p=0.02)

- le rapport de la réaction vocale avec l'âge est significatif.

- le rapport de la réaction d'auto-apaisement avec l'âge est très significatif (p=0.0004).

> Du côté de la mère :

- le rapport de la participation de la mère à l'apaisement de son enfant avec sa parité est significatif (p= 0.393).

- la corrélation du désir de la grossesse de la mère avec sa parité est très significatif (p=0.00001).

Il existe donc un lien étroit entre le comportement d'apaisement, l'interaction mère-nourrisson et la place de l'enfant dans le désir de la mère.

Mots clés : Nourrisson, Interactions précoces, Agressivité, Compétences du nourrisson, Développement, Psychanalyse.

10. Problèmes liés à l’abus ou la négligence :

10-a- Abus physique d’un enfant :

L'enfant victime de violences. [Chibi Amel, Sousse 1997]
Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective de 354 cas d’enfants victimes d’agression physique ou sexuelle, ayant consulté au service des urgences du C.H.U. Farhat Hached sur une période de trois ans.

Ce travail nous a permis de constater que:

58,5% des victimes étaient âgées de 12 à 15 ans. Elles étaient de sexe masculin dans 71,8% des cas.

L’agresseur était connu de la victime dans 55,1% des cas. Il était souvent de sexe masculin (61,6%).

Les moyens d’agression étaient surtout représentés par les agents vulnérants non instrumentaux (50,8%).

La majorité des lésions correspondait à des ecchymoses et/ou des hématomes et des contusions simples.

Les I.T.T inférieures à dix jours ont été prescrites dans 66,9% des cas,

Les violences infra-familiales et les abus sexuels ont constitué respectivement 13 et 8% des cas.

Les violences envers les enfants nécessitent une prise en charge rigoureuse où le médecin travaille en accord avec les services socio-éducatifs et les services de justice.

Mots-clés : Urgences, Violence, Abus sexuels, Enfant maltraité, Psychiatrie.

Syndrome des enfants battus. A propos de 4 cas avec revue de la littérature. [Guemri Basma ép Ezzedine, Sfax 2001]

10-b- Abus sexuel d’un enfant :

Les abus sexuels sur enfants. Aspects médico-légaux. [Ribani Saloua ép Hosnie, Monastir 2000]

11. Deuil :

Décès parental et répercussions psychopathologiques chez l'enfant et l'adolescent. [Dammak Youssef, Sfax 2002]

12. Comportement antisocial de l’enfant ou l’adolescent :

A propos des conduites délictuelles chez les jeunes lycéens adolescents (A propos de 34 cas). [Dania Zouari ép Elleuch, Sfax 1994]

13. Problème en rapport avec une étape de la vie :

Adolescence et identité: Une étude prospective à propos de 400 cas. [Dali Ghazi, Tunis 2000]
Le questionnement identificatoire touche l'adolescent pris entre la fidélité aux premières identifications et la nécessité de trouver de nouvelles identifications pour une inscription dans le lien social.

Nous avons tenté à travers ce travail d'aborder ce processus et ses répercussions, et nous nous sommes basés pour ce faire sur une étude prospective, portant sur 400 adolescents âgés de 14 à 19 ans, auxquelles a été administré un questionnaire explorant les différents aspects de ce processus.

La moyenne d'âge de notre population était de 16,44 années, et l'échantillon était composé de 55 % de filles, enfin notre population est urbaine au 2/3.

L'attente principale de nos jeunes est d'être compris, suivie des différents besoins d'ordre matériel.

Une difficulté importante avec les figures d'autorité a été retrouvée, elle intéresse surtout les filles, qui ont plus de conflits avec les figures parentales.

Les modèles identificatoires sont essentiellement extra-familiaux (88,2 %).

La problématique distanciation-attachement est bien mise en évidence par l'attitude ambivalente et contradictoire face à l'enfance, l'adolescence ou encore l'âge adulte.

Une autre constatation importante est la forte prévalence des items dépressifs, qui est rapportée par 53,7 % de nos jeunes, qui se disent souvent ou toujours tristes.

Mots clés : Adolescence, Dépression, Identification, Identité, Image du corps.

14. Bilan d’activité hospitalière :

L'exercice ambulatoire d'un service de pédopsychiatrie à Tunis. Etude à partir de 500 cas. [Maatki Mohamed Chiheb, Tunis 1992]
A partir d'un échantillon de 500 enfants âgés de 0 à 16 ans qui ont consulté pour la première fois le service de Pédopsychiatrie de Tunis durant l'année 1990, notre étude a révélé :

Une surreprésentation des garçons par rapport aux filles dans nos consultations avec respectivement 61,4% et 38,6%. La mère seule accompagne son enfant dans environ 50% des cas.

Les troubles du langage et les difficultés scolaires dans 19,8% et 18% des cas représentent les deux motifs le plus souvent invoqués pour justifier la consultation. Le diagnostic le plus souvent posé est celui des troubles des conduites dans 40% des cas. Un profil général des différents items de la variable Diagnostic, motif de consultation et accompagnant a pu être élaboré.

Mots clés : Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Epidémiologie, Dépression, Echec scolaire.

15. Profil (sociodémographique, clinique…) d’une population donnée :

Caractéristiques socio familiales, cliniques et étiologiques des consultants en pédopsychiatrie au C.H.U Hédi Chaker de Sfax (À propos de 1452 cas). [Gaddour Yosra ép Sakka, Sfax 1999]

Aspects sociodémographiques et cliniques des tentatives de suicide en milieu pédopsychiatrique. [Hachicha Hammadi, Sfax 2001]

Profil du préadolescent collégien en milieu rural. Enquête auprès de 832 préadolescents. [Siala Kammoun Mariem, Sfax 2003]
Dans le cadre d'une étude de la première adolescence, l'auteur a enquêté .sur un échantillon de 832 collégiens, âgés entre 12 et 16 ans, dans les zones rurales de la région de Sfax (Tunisie), grâce à un auto-questionnaire, rédigé en arabe. Il en ressort que :

Les difficultés relationnelles, intra-familiales, ont été fréquentes (manque de communication père-adolescent pour 23%, versus 11% pour la mère, désaccord parental, vis-à-vis du préadolescent pour 91%).

La scolarité a constitué le premier sujet de discussion, des collégiens pour 54,5%. L'adéquation du programme d'enseignement à l'âge, a été estimée partielle, par 53%, et absente par 10%. La prise en compte des problèmes socio-familiaux, par le professeur est réclamée par 21,5%.

Les problèmes psycho-sociaux, ont été considérables (absence d'ami intime pour 14%, l'existence de difficultés de contact, avec l'autre sexe pour 64,8%, espaces sportifs et outils informatiques « manquants » pour, respectivement 45,6 % et 38,3%).

Les conduites d'intoxication, ont concerné essentiellement : le tabac, pour 10,4 % et l'alcool, pour 10,6 %, dont 3 %, tous de sexe masculin, affirmaient être des consommateurs réguliers.

Plus que la moitié des collégiens (68%), regardent la télé régulièrement. Les chaînes télévisées préférées sont nationales : le canal 7, et le canal 21 des jeunes, quasiment à égalité, ce qui montre une influence parentale, encore importante.

La sexualité est vécue, avec des difficultés (47% n'ont jamais débattu le thème de la sexualité), la timidité constituait la principale cause des difficultés avec l'autre sexe, les connaissances générales sur la sexualité, sont ressenties comme manquantes, par 64 % des préadolescents.

Une vision floue de l'avenir, pour 29% des collégiens, et 70% d'entre eux, réclament une meilleure expression de leurs difficultés, pour qu'il y'ait progrès de la jeunesse.

Ceci témoigne des besoins des préadolescents d'être écoutés et guidés, sans empiétement, ni débordement.

Mots clés : Collège, Difficultés d’adaptation, Institution, Education, Œdipe, Préadolescence, Psychopathologie, Relation avec les pairs, Relations familiales, Rural, Scolarité, Sexualité.

16. Systèmes de classifications :

Les systèmes de classification en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent. [Kthiri Leila, Tunis 1999]
Le but de notre étude est d'étudier les correspondances entre les trois systèmes classificatoires : DSM IV, CIM10 et CFTMEA, appliqués essentiellement en pédopsychiatrie, et d'éclaircir certains points de vue concernant les avantages et les inconvénients de chacune d'elles par rapport aux autres.

Notre étude est rétrospective, portant sur un échantillon de 310 malades, consultants pour la première fois au service de pédopsychiatrie à l'hôpital RAZI, entre le 1er janvier 97 et 31 décembre 97.

Notre série se répartit en 61% de sexe masculin et 39% de sexe féminin. L'âge moyen est de 9 ans (± 3 ans) avec des extrêmes allant de 1 à 19 ans.

Les principales constatations que l'on pourrait dégager, se regroupent pratiquement autour de quatre chapitres à savoir :

- Le problème des diagnostics « RAS » du DSM IV (18,1% des cas). Ils correspondent à des diagnostics étiologiques complexes qui ne se voient attribuer aucun code sur l'axe I.

- La dépression (16,8% des cas) dont les ¾ sont classés dans les sous-catégories : Troubles de l'adaptation avec humeur dépressive et Trouble de l'adaptation avec à la fois anxiété et humeur dépressive, et uniquement le ¼ dans la rubrique : Troubles dépressifs.

- Les troubles envahissants du développement représentent 10,9% dont l'autisme correspond au 1/3 des cas.

- Les troubles anxieux : 3,8%, dont la sous-catégorie: phobie spécifique occupe le 1/3.

Notre étude montre qu'au delà des limites dont souffre chaque modèle il existe des vérités qui rendent nécessaire aujourd'hui le recours à ces trois systèmes classificatoires, que nous ne pouvons privilégier l'un par rapport à l’autre.

Mots clés : Pédopsychiatrie, Diagnostic, Classifications, DSMIV, CIM10, CFTMEA.

17. Le Pédiatre et les troubles pédopsychiatriques :

La Perception des Troubles Pédopsychiatriques par les Pédiatres. [Jebloun Moussadek, Tunis 1999]
Les troubles psychiatriques de l'enfant ne sont l'apanage d'une consultation spécialisée qu'après une consultation générale et plus particulièrement pédiatrique.

But du Travail: Vise à mieux connaître la pratique des pédiatres face aux troubles mentaux de l'enfant.

Matériel et Méthodes: Enquête par un questionnaire, adressé à 249 pédiatres répartis sur tout le territoire national, durant la période janvier 1996 - janvier 1997. Les réponses de 133 pédiatres (soit 53,4%) ont été étudiées par analyse statistique classique et analyse factorielle des correspondances.

Résultas:

1°) Les « cas-psy » représentent moins de 10% de la clientèle pédiatrique selon 84,8% des pédiatres.

2°) Un riche répertoire sémiologique et nosographique habituellement reconnu par les pédiatres :

Les troubles (Taux de pédiatres par ordre décroissant)

-sphinctériens (96,0%)

-alimentaires (84,8%)

-du langage (81,6%)

-moteurs (72,8%)

-plaintes somatiques fonctionnelles (58,4%)

-peur exagérée (38,4%)

-retrait social (26,4%)

Les diagnostics (Taux de pédiatres par ordre décroissant)

-dépression (40,9%)

-retard global du développement (37,3%)

-hystérie (30,9%)

-psychose infantile (25,5%)

-retard spécifique du développement (11,8%)

3°) Le profil du pédiatre corrélé à l'âge, au sexe, au lieu et au mode d'exercice, montre des différences hautement significatives dans l'abord clinique des troubles mentaux chez l'enfant.

Mots clés : Pédiatrie, Troubles psychiques, Pédopsychiatrie.

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© 2005 Karmous Riadh, Dr. Zghal Ahmed